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 studio n°19; rue jeongsei. ▬ with jae joon. { topic en pause }

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annyeong cheonûn
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MessageSujet: studio n°19; rue jeongsei. ▬ with jae joon. { topic en pause }    Mer 23 Fév - 6:44

« my heart was almost broken with fuckin sorrow fuckin sorrow. »
« allez voilà ma grande, j’ai sorti toutes les caisses du coffre. » La voix de cet homme parvenait à peine à mes oreilles, et je ne l’écoutais pas. Les mots qu’il venait de prononcer n’avaient aucun sens, des lettres s’étant mélangées en arrivant au creux de mon oreille. Et je m’en fichais éperdument. Oh non, ce n’était pas de l’égoïsme ou du désintérêt total pour autrui, je ne suis pas comme ça. Le trajet en voiture avait été assez long et soporifique, j’avais épluché toutes les petites annonces afin de trouver le taxi le moins cher de la région. J’avais tout calculé minutieusement afin que ce déménagement sans grande cérémonie puisse rentrer dans mes frais. Je n’avais rien de toute façon, quelques vêtements achetés aux soldes, quelques souvenirs de ma maman et de mon premier amour. Parfois je regrettais de les avoir gardé si près de moi, d’avoir passé des nuits entières à les contempler en essayant de me replonger dans cette époque comme si je pénétrais dans un monde virtuel. Je me faisais mal toute seule, sadique avec mon esprit, la culpabilité martelant ma cervelle jour après jour, nuit après nuit. Les premiers mois j’avais essayé de m’insurger contre moi-même, contre cette petite voix qui me dénigrait à chaque instant, me rappelant la dure vérité dès que je me hissais dans mon lit, dès que je sortais d’un sommeil presque inexistant. J’avais perdu jae joon, j’avais tué mon bébé, notre bébé. Déni ? Mon esprit trop fertile ne connaissait pas ce mot et prenait un malin plaisir à m’exposer sous le nez ma rupture ; rejouant la scène avec malice trop ambitieux de voir la peine couler sur mes joues, heureux finalement. Et on se sent tellement mort, tellement fade. Pour quoi vit-on finalement, si ce n’est même plus pour nous ? J’avais songé au suicide, j’avais songé à tellement de choses. N’étais-je pas une battante ? J’espérais pouvoir m’en sortir, pouvoir tourner la page mais je n’y arrivais pas. L’encre qu’avait utilisé jae joon pour s’écrire sur une page de ma vie avait transpercé le papier crépon, marquant le reste du livre à jamais. J’avais beau tourner dix, vingt ou cent pages, il était toujours là, aussi présent qu’au début. En d’autres termes il était en moi, dans ma peau, dans mon sang. Il était mes larmes et mes cris, mes sourires et mes peurs. J’en devenais terriblement pathétique et je me détestais d’une certaine façon. Lui pensait-il toujours à moi ? Un doute profond s’était installé, j’avais retourné la situation dans tous les sens possibles. Et je ne comprenais pas. Je ne savais plus pourquoi on en était arrivé là alors que tout allait bien, alors que je ne voyais que lui dans mon futur. Mais les choses s’étaient déroulées autrement et je n’avais guère d’autre choix que de les accepter. S’accommoder du hasard, faire sienne la contingence ; en gros rebondir, j’en étais capable, non ? Je m’en suis persuadée pendant de longues semaines et plus j’y travaillais, plus j’attisais ce sentiment. L’amour de ma vie me manquait, il avait balayé ma vie, reprenant tout ce qu’il avait laissé, bâti en moi.


Je levai les yeux vers le ciel, le soleil couchant j’assistais à une parade magnifique. Le bleu zinzolin se mélangeant au colorant rose grenadine des nuages, je glissai nerveusement une main dans mes cheveux avant de poser celle-ci sur mon sac que je tenais à l’épaule. Le taxi men attendait son tribu et je rêvassais. Maladroitement j’essayai d’extirper mon portefeuille en sortant la somme demandée. J’étais même généreuse, rallongeant le pourboire démesurément alors que j’avais la corde au cou. Qu’importe ? Je me fichais de tout à présent, ces deux années avaient opéré en moi, m’offrant une capacité enviable à ne plus m’inquiéter de rien ou très peu. Cynique, je le devenais très certainement et ce n’était pas sans mal. J’en avais tellement sué après tout. J’adressai un sourire à cet homme qui aurait pu être mon père tellement il était âgé. Il m’avait fait la conversation durant le trajet, me posant des questions parfois trop personnelles. Après avoir jeté un coup d’œil dans son rétroviseur il s’était rendu compte qu’il me mettait mal à l’aise et s’était arrêté, changeant de sujet comme de chemise, me soulageant. Je l’avais gratifié d’un sourire sincère et m’étais assoupie. « merci. au revoir. » lui dis-je alors qu’il reprenait place à l’avant, prêt à partir pour reprendre son service. Le moteur gronda l’espace d’un instant puis la voiture se délogea, s’éloignant doucement dans la ruelle. Je restais inerte, là, à fixer l’engin tourner à l’angle de ma nouvelle ruelle, je me retrouvais seule encore une fois. Il y avait devant moi quatre caisses plus ou moins bien chargées, je penchai la tête sur le côté en les envisageant les unes après les autres. Me demandant comment j’allais m’en sortir pour les monter dans mon studio. Je pris les clés de l’immeuble que j’avais rangé dans ma poche ; il fallait d’abord que je bloque la porte pour faire entrer toutes les caisses histoire de ne pas les laisser trainer dans la rue pendant que je les monte. Je trouvais un cale en bois et je pu bloquer la porte de verre. Je me dirigeai alors vers une des caisses, la soulevant sans trop de mal par les poignées et la hissai dans l’entrée de l’immeuble. Je réitérai l’action avec deux autres, sentant le carton rugueux venir entailler ma peau de pêche. Il ne restait plus qu’une caisse sur le trottoir, mon calvaire était complété à 30%.

Alors que je trottinais vers la dernière boite au sol, me balançant d’un pied sur l’autre le regard perdu, mes longs cheveux bouclés dansant sur mes épaules j'aperçu un obstacle qui me fit stopper aussi net. Instinctivement je levai les yeux vers cette silhouette si imposante, prête à m’excuser de m’être arrêtée si sèchement et d’avoir barré sa route. Il me fit un effet percutant. Comme si cet homme avait lui-même fait entrer le canon d’une arme froide entre mes lèvres, l’ayant enfoncé si loin dans ma gorge que j’en avais la nausée, me tiraillant le ventre avec amertume. Je voulais m’incliner, tomber à genoux et disparaitre. Quelle divinité avais-je blessé pour mériter un tel traitement ? Il venait de détruire, d’un souffle froid, deux années de combat acharné. J’hésitais entre lui sauter au visage pour lui crever les yeux et lui arracher la langue de s’être pointé ici ou pleurer toutes les larmes de mon corps. Je ravalai ma salive, déglutissant avec difficulté un silence malsain s’imposant entre nous. Je sentais mes yeux humides, j’imaginais la couleur de mon visage blafard malgré le maquillage. Je pouvais toujours prendre ma caisse, détaler comme un lapin et fermer la porte. Fuir, encore une fois, était-ce vraiment ce que je faisais de mieux ? Et puis il leva sa main, la déposant sur mon épaule, me paralysant. J’entrouvris les lèvres, ennuyée, mal à l’aise pire encore ; à l’agonie. « jae jo-. bakh. ça fait … un bail. ». Oui, c’était tout ce que j’avais trouvé à lui dire, je n’étais même plus sûre d’avoir encore le droit de l’appeler jae joon, voilà pourquoi j’avais rectifié le tir aussi négligemment. Je me repoussai, mon dieu, qu’il arrête de me toucher, il me blessait d’une caresse alors que j’avais rêvé de ce genre d’attention pendant deux ans.

Derechef je baissai les yeux, il n’avait pas changé si ce n’était en mieux. Grand, viril, bâti, il inspirait la protection, la douceur et la tendresse et malgré tout ça, malgré toute cette histoire, j’en étais bleue. J’avalais ma salive trouvant cet acte, pourtant si banal, terriblement douloureux. Je regrettais que ma frange ne soit pas plus longue pour me protéger de son regard cendré. Il me déshabillait des yeux, il me jugeait et moi, moi je voulais le poignarder, le pousser sur la route en espérant qu’une voiture l’écrase. Mais ce n’était finalement pas dans le but de le tuer. Je voulais juste qu’il arrête de me regarder, point final.


Dernière édition par Bae Lily-Rose le Mer 9 Mar - 21:27, édité 2 fois
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annyeong cheonûn
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MessageSujet: Re: studio n°19; rue jeongsei. ▬ with jae joon. { topic en pause }    Mer 23 Fév - 7:08

Aujourd'hui, ça fait deux ans que je n'ai pas vu lily-rose. Rien que ce prénom, même si il n'est que pensé, me brûle considérablement la gorge. Il raisonne dans ma tête tandis qu'une image m'apparaît fatalement : une belle brunette au faible sourire. Un rictus si discret et pourtant si lumineux. Je n'ai jamais vu chose plus sublime que celle-ci, d'ailleurs. Cette femme peut remonter le moral de n'importe quel être humain par le simple biais d'un sourire : en tout cas, c'est ce qui m'arrivait à une époque. Lorsque ça allait mal, assez rarement, il suffisait que ses lèvres s'étirent avec douceur pour que j'en oublie ma douleur. Aussi profonde soit-elle. Le remède miracle, j'en restais souvent bouche-bée : comment faisait-elle ça ? Comment faisait-elle pour me soigner, soudainement, sans le moindre effort ? Est-ce que c'était juste parce que j'étais littéralement amoureux d'elle, ou simplement parce qu'elle avait un don pour ça ? Ma question est toujours restée sans réponse. Mais, de toute évidence, il doit y avoir un peu de vrai dans les deux possibilités. Pourquoi est-ce que je pense à elle, là, encore ? Pourquoi est-ce que mon esprit ne me laisse pas effacer les données la concernant ? Je résiste, inconsciemment. Une partie de moi se bat contre ma volonté de vouloir tourner la page. Mais sans doute le fait-elle parce qu'elle sait que je suis faible et que, au fond, je n'ai absolument aucune envie de me séparer de tout ce qui concerne mon ex-petite amie. Que l'on parle de souvenirs ou d'affaires. J'ai conservé toutes les photos de nous deux, ses vêtements, le nom de son parfum. En fait, je n'ai rien jeté. Moi, lâche ? Oui, sans doute. Mais je préférerais que l'on me juge d'amoureux, ou de malade, à la place. Actuellement, je me trouve être dans la rue, les mains dans les poches, me baladant en compagnie de ma nostalgie. Ah, fidèle amie, tu es toujours là ; aussi possessive qu'une femme en manque de confiance. Et tu me tortures, avec plaisir. Tu joues avec mes pensées, construisant un puzzle. Un souvenir par-ci, un souvenir par-là. Tu les rassembles quand et comme bon te semble. Tu peux me blesser en pleine nuit, alors que je suis seul, comme tu peux t'en prendre à moi durant la journée, alors que je suis entouré. Et tes coups sont toujours durs à encaisser. Mais ça, tu le sais hein ? C'est bien pour ça que tu ne les comptes plus. Ils sont si nombreux, si quotidiens ; à tel point qu'il n'y a pas un seul détail à propos de lily-rose dont je ne me souvienne pas. Elle fait partie de moi. Tu l'as fait pénétrer à l'intérieur de mon corps, la voilà indélébile. Et me voilà condamné. Je pensais avoir une chance d'y échapper, en me séparant d'elle, mais tu as bien joué. J'ai besoin d'elle. Tellement besoin d'elle ; à tel point que même en cherchant dans tous les dictionnaires qui me sont tombés sous la main je n'ai pas trouvé d'autres termes que « «dépendant » et « nécessité » pour décrire ce que je suis devenu, et ce qu'elle représente pour moi. Levant les yeux, j'aperçus un enfant, de deux ans à peu près, courir vers sa mère avec les bras tendus. Cette vision me décrocha un faible sourire : nostalgie, as-tu fini ta séance de torture ? Lâche-moi un peu, je ne veux pas devenir fleur bleue. Je ne veux pas sauter d'un pont. Je ne veux pas écrire une lettre sans adresse avec l'aide de mon sang. Je n'en peux plus. Je suis à bout de souffle. Pourquoi t'acharnes-tu de la sorte ? Cela fait deux ans. Deux longues années que je suis séparé d'elle. Que je n'ai aucune nouvelle. Pas même une insulte. Finalement, c'est peut-être ça. Peut-être que j'attends juste un signe : la confirmation qu'elle va bien, ou du moins qu'elle va mieux. Je ne pensais pas être si sensible et j'espère qu'elle ne l'est pas autant que moi. J'ai été tellement égoïste que j'ai rajouté de la douleur à son bagage émotif déjà bien difficile à traîner. Comme un pauvre connard. Autrefois […] oui, autrefois, elle était mienne. Parce que aujourd'hui, elle ne m'appartient plus. Non pas que je l'ai possédée au sens littéral, comme un simple objet, mais je sais qu'elle ne voyait que moi. Qu'elle était prête à faire tous les sacrifices possibles pour rester en ma compagnie. Jusque dans la tombe. Mais, autrefois donc, elle était ma priorité. Mon amour, ma femme. Mon remède, ma lumière. Mon rêve, mon futur.


Au secours. Mon cœur se stoppa, net, lorsque la silhouette de lily-rose se dessina sur mon paysage orangé. Je savais que c'était elle, j'en avais la certitude. Je n'avais qu'à me fier aux tremblements soudains de mes mains, et à la vitesse effrayante de mon rythme cardiaque pour confirmer ce qui ne se trouvait déjà plus être une hypothèse. L'amour de ma vie était bel et bien là, à l'horizon. Droit devant moi. J'avais du mal à avancer. Pour dire vrai, je venais même de m'arrêter, brusquement, mes pieds refusant d'aller plus loin. Comme si ils savaient que je n'avais de toute évidence pas la force, ni même peut-être l'envie, de la retrouver. Ou de l'affronter, allez savoir. Pour tout avouer, je ne savais moi-même pas si rebrousser chemin était la meilleure solution. Parce que, clairement, cette histoire n'était pas finie. Les magnifiques, et à la fois douloureux, souvenirs de notre histoire d'amour venaient m'hanter chaque jour ; comme refusant de me laisser passer à autre chose. De changer de vie. D'aimer une autre personne. D'ailleurs, nostalgie, où es-tu passée ? Aurais-tu cédé ta place à la lâcheté, ou encore à la peur ? Me pinçant les lèvres, je tombais dans une brèche temporelle. Je ne sais pas exactement combien de minutes s'écoulèrent, ni combien de choses se produisirent, jusqu'à ce que j'en vienne à prendre la parole, à mon plus grand étonnement, d'ailleurs. « lily-rose ? » soufflais-je, alors que je posais ma main sur son épaule ; comme pour savoir si elle était bien réelle. Si je n'étais pas simplement en train de rêver les yeux grands ouverts. Pourquoi doutais-je ? Disons que ce n'était pas la première fois que je m'imaginais la retrouver. Oh que non. Cet épisode-ci, j'avais bien dû le vivre une centaine de fois : parfois, je changeais un ou deux détails. Je cherchais de meilleures répliques, un comportement plus, ou alors moins, conservateur de ma fierté. Comment devais-je l'aborder ? Et quel était mon but ? Devais-je me mettre directement à genoux devant elle pour lui demander pardon, ou alors simplement l'aborder pour prendre de ses nouvelles ? Entre lui faire pitié et feinter l'indifférence vis-à-vis du passé, j'avoue que j'arrivais tout de même à hésiter. Quelle était la meilleure option ? Y en avait-il vraiment une mieux que l'autre ? Et puis, est-ce que j'allais vraiment la revoir un jour ? Il y a deux ans, elle était partie, sûre d'elle. Ou pas, au final, j'ignore encore totalement l'état d'esprit dans lequel elle pouvait être, même si je me doute qu'elle devait être peinée. Très peinée, même, d'avoir été larguée. Elle avait eu le droit à de très belles paroles, concernant le futur, dont elle ne verrait sans doute jamais la couleur. Mais avait-elle vraiment été surprise par ma décision ? Elle ne pouvait pas être si aveugle que ça : elle me tuait, jour après jour, à l'époque. Alternant entre ses différentes armes : un coup c'était la jalousie, un coup c'était la cruauté. Elle se plaisait à hausser la voix, à douter de moi, à parler sans franchement être gentille comme elle l'avait pourtant toujours été. Elle était méconnaissable, oui. Je ne sais pas si j'étais l'auteur de ce changement, de sa souffrance, mais on ne pouvait pas continuer comme ça. Il fallait voir les choses en face : notre couple ne tenait plus debout. Sa confiance en moi était devenue inexistante, du jour au lendemain, et je ne me sentais pas de me battre quotidiennement contre elle pour lui faire entendre raison. Je ne la trompais pas, je ne pensais à personne d'autre qu'elle. Elle était mon obsession, la femme de ma vie : pourquoi l'envie de sacrifier ma chance me serait-elle soudainement venue ? Je ne sais pas où elle allait chercher toutes ses hypothèses, ses doutes, mais elle me tuait à petit feu. Je me sentais étouffé, indigne de confiance. Comme si j'étais coupable des sentiments qu'elle ressentait et dont j'ignorais les noms. Alors qu'au fond de moi, je savais pertinemment que je n'avais pas fauté. Ou alors, vraiment, je ne voyais pas comment. Alors pourquoi cette soudaine baisse dans son estime ? Qu'elle me donne la raison, pitié. Mais, non, elle ne l'avait pas fait. Je ne lui en avais pas donné le temps. Mais ce n'était pas une excuse dont elle devait se servir : en un an de vie commune, c'était la première fois que je la voyais si désagréable. Et je ne savais pas pourquoi elle s'était comportée de la sorte : autant vous préciser toute de suite que j'avais été impuissant. Et, même quand j'ai mis un point final à notre relation, elle ne s'est pas justifiée. Bon, d'accord, elle n'avait strictement aucun compte à me rendre mais, tout de même, on aurait pu se quitter en meilleurs termes. Ou juste discuter du problème et y trouver une solution. Elle avait préféré partir loin de moi, ne me laissant même pas le temps de la rattraper. « lily-rose », soufflais-je à nouveau, un sourire se dessinant inconsciemment sur mes lèvres. C'était à croire que dialoguais avec moi-même, me rassurant à présent de la réelle présence de mon ancienne compagne.
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annyeong cheonûn
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MessageSujet: Re: studio n°19; rue jeongsei. ▬ with jae joon. { topic en pause }    Mer 23 Fév - 23:13

Un vent léger et froid soufflait sur mon visage, me faisant frissonner et emportant mes cheveux. Mes mains n’étaient plus qu’à mi-chemin, le temps ne voulant plus avancer, nous prenant pour otages lui et moi. Je glissais mes paumes le long de sa veste, retraçant ses épaules larges et sa nuque avant de filer à l’arrière de sa tête, l’étreignant douloureusement contre mon cœur. Mes doigts fins et soignés se glissaient à la base de ses cheveux pour les serrer, peut-être même les tirer doucement, je n’y faisais pas attention. Je collais ma joue à la sienne, mes lèvres arborant un sourire chaleureux et mes yeux se fermant sous le ressenti. Étais-je heureuse ? Je m’imprégnais de sa fragrance qui m’avait accompagné, baigné, pendant une année entière. Parfum que je ne pouvais pas oublier, qui me rappelait tant de souvenirs. Son corps nu au-dessus du mien, ondulant. Sa peau chaude frottant langoureusement contre la mienne, partageant sa chaleur et réchauffant mon corps si frêle. Il s’insinuait en moi, me hissant plus haut que les étoiles et le reste de l’univers, il me faisait du mal. Et puis j’ai redressé mon visage pour le contempler, pour toucher sa peau de mes mains trop froides. Il était bien réel, là, devant moi ou plutôt contre moi. Mes lèvres meurtries venaient alors embrasser sa joue glissant jusqu’à ses lèvres. Quitte à mourir, je voulais sombrer d’une belle mort, tendre et cruelle à la fois. J’entrouvris alors mes lèvres, attrapant une des siennes pour la mordiller tout en laissant un gémissement douloureux sortir de ma gorge. Je rêvais.

En réalité je n’avais pas bougé de ma place initiale, je n’avais même pas pris la peine de relever les yeux pour le regarder. Mon esprit travaillait plus vite que moi, ralliant mes fantasmes et mes douleurs pour me mettre genoux au sol, pour me faire plier l’échine. Me lover contre lui, le serrer contre moi, tout ça je n’en étais pas capable évidemment. Il fallait se faire à l’idée que nous n’étions plus que rien l’un pour l’autre. Peut-être même qu’une autre femme venait le consoler à ma place. En deux ans, jae joon avait sans doute eu bien assez de temps pour se trouver quelqu’un d’autre à aimer, quelqu’un d’autre à soigner et protéger. Autrement dit, je n’étais plus la femme de sa vie et il ne pouvait plus être l’homme de la mienne. Il en était ainsi qu’importe le temps qui passe, qu’importe l’éloignement. Nous en étions là, tous les deux pantois à calculer le pourcentage de chance – ou de malchance- que nous avions eu pour tomber l’un sur l’autre alors que je venais à peine d’arriver depuis longtemps. Je me demandais si c’était un signe du destin, si cela avait un quelconque rapport direct ou pas avec mon futur. Il avait dit mon prénom deux fois, dans son entièreté. Lily-rose. J’en avais frissonné, après autant de temps sans avoir eu le plaisir d’entendre sa voix, pas même au téléphone, le premier mot qu’il m’offrait était mon prénom, il ne l’avait pas oublié. Peut-être qu’au fond ça me rassurait de savoir que j’existais toujours dans sa mémoire, qu’il ne m’avait pas classé au rang des « banales copines », je ne l’avais jamais imaginé comme ça de toute façon et puis j’avais cru tellement fort en son amour que c’était tout bonnement impossible. Pour moi, jae joon avait toujours été quelqu’un de sincère malgré son hypocrisie latente avec les autres personnes.

Je prenais alors mon courage à deux mains pour relever les yeux et les poser sur lui, dans son regard qui me glaçait le sang jusqu’au plus profond de mon cœur. Il souriait. Cette vision arrêta mon cœur d’une balle. Il avait finalement décidé de sortir le canon de son arme tantôt enfoncé loin dans ma bouche pour le pointer vers mon cœur. Il n’avait pas hésité un seul instant à me tirer dessus, tel un assassin sans émotion. Je repris mon souffle doucement, essayant de comprendre dans quelle situation je m’étais mise. Je ne savais même plus ce que je faisais ici, quel était le numéro de mon studio ou le nom de ma rue, j’étais juste ici, inerte et sans le moindre but. J’essayais vainement de reconnecter mes idées, de faire fonctionner mon cerveau une nouvelle fois malgré le court-circuit qu’il venait de se prendre en pleine poire. Tout ceci pour un seul sourire, oui. Mais pas n’importe lequel. Le sourire de jae joon était pour moi comme la huitième merveille du monde. Il était tellement beau, sensuel et attirant. Cet homme était charismatique c’était un fait indubitable. Il était regardé, convoité et l’idée ne m’avait jamais dérangé jusqu’à ce que je tombe enceinte de lui. Mais je ne voulais pas y repenser, l’histoire devait être classée mieux encore, jetée aux oubliettes.

Je jouais l’innocente, cachant mes mains dans les poches afin qu’il ne puisse pas voir que je fermais les poings ou que j’entortillais mes doigts comme à l’époque quand j’étais stressée, triste ou énervée. Il était capable de m’analyser et de comprendre mes émotions d’un seul regard, je préférais donc m’en protéger tout bonnement et c’était peut-être mieux ainsi. Je n’avais pas besoin de ses questions concernant mon état, de ses inquiétudes quant à ma vie. Je répétais le même texte dans ma tête depuis des mois « il ne t’aime plus, il t’a jeté et c’est comme ça ». J’ai cru qu’en apprenant mon texte par cœur j’allais finir par y croire réellement, mais je me trompais encore une fois. J’espérais qu’il puisse encore s’inquiéter pour moi, qu’il puisse encore me montrer de l’intérêt. je voulais simplement être importante pour lui encore une fois. Timidement je lui destinai un faible sourire, hochant la tête. « c’est bien moi, je vois que tu ne m’as pas oublié. » lui répondis-je. Je constatais simplement, sans me rendre compte au combien ma phrase pouvait être blessante. De toute façon ce n’était pas dans mon intention de lui faire du mal ou me faire détester. La haine ne marchait pas dans notre situation, j’avais déjà essayé cette technique et elle ne m’avait laissé qu’un goût amer dans la bouche. En fait, plus j’avais essayé de forcer mon cerveau à l’oublier, à passer à autre chose, plus j’étais restée collée à son image comme un moustique sur sa lampe. Avez-vous dit pathétique ? Oui très certainement. Malgré tout ça, j’en avais marre de me plaindre, j’en avais marre de souffrir et trainer ma carcasse à cause de cet homme que j’aimais tant.

Je me penchai en avant pour tirer la dernière caisse vers moi, espérant peut-être écourter cette entrevue. Il me restait du travail, je devais monter les caisses à l’étage sans ascenseur et les défaire pour finalement ranger toutes mes affaires. J’allais peut-être y passer la nuit donc je ne voulais pas m’éterniser ici. J’avais mon excuse en tête, mais je n’arrivais pas à lui dire. Cela aurait signifié son départ et au fond de moi je voulais encore le garder un peu, deux ans à combler c’en était presque malsain. Peut-être était-ce la dernière fois que je le voyais, c’était également ce que je m’étais dit le jour où il avait mis terme à notre relation.


Dernière édition par Bae Lily-Rose le Dim 6 Mar - 2:14, édité 1 fois
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annyeong cheonûn
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MessageSujet: Re: studio n°19; rue jeongsei. ▬ with jae joon. { topic en pause }    Ven 25 Fév - 17:32

Elle était là, si radieuse, juste devant moi. Mes yeux étaient bloqués sur son visage. Sur ce sourire, si faible, qu'elle venait de m'accorder ; comme une faveur. Oh, oui, je pouvais tout à fait la comparer à une bodhisattva : elle se trouvait sur le chemin de l'éveil, m'obligeant à souffrir perpétuellement pour la rejoindre. Mais, en échange, elle me prenait la main. Elle m'accompagnait, me soufflant qu'elle avait le pouvoir d'écourter ma peine : mais le ferait-elle ? Sûrement pas. Si elle était revenue, après être partie si longtemps, c'est qu'elle avait la force et peut-être même l'envie de retrouver son quartier d'enfance. Et donc, d'un côté, qu'elle avait tourné la page. Notre page. & non, je ne l'avais pas oubliée. Sa remarque ne me blessa pourtant pas, pour tout avouer. Il y avait des chances qu'elle soit rancunière, ce qui était tout à fait normal. Et puis, ce qu'elle disait était vrai : si, elle, elle avait le courage de revenir ici, moi j'avais le courage de la garder dans mon cœur. Comme un trésor. Ou alors c'était par lâcheté. Ou simplement parce que je ne pouvais pas m'en débarrasser. Oui, remarque, nombreuses avaient été les fois où j'avais essayé de jeter l'éponge, de passer à autre chose. De me trouver quelqu'un, de coucher avec et de me lancer dans une nouvelle histoire. Mais, à chaque fois, j'étais parti. Même si le tour semblait joué avant même que je ne m'investisse ne serait-ce qu'un peu. Je n'avais pas envie. Je ne voulais pas. C'était lily-rose, la privilégiée. Et je voulais qu'elle le reste, même si elle n'était plus là. Sa couronne était sans cesse au cœur des débats : « laisse-la tomber, elle est plus là, elle s'est barrée », « retrouve-la, c'est la femme de ta vie, non ? Même si tu ne sais pas où elle est, n'abandonne pas », « écoute pas ces saloperies, y a tellement de femmes sur cette terre, ne va pas courir derrière une gamine qui casse les couilles » ; oh, oui, des avis j'en avais un paquet. On me les avait donnés, sans même que je les demande. Cette histoire m'était personnelle et si, même moi, je n'arrivais pas à trancher je ne vois pas comment d'autres auraient pu m'y pousser. Mon portrait de lily-rose était déjà merveilleusement peint. C'était la seule, l'unique. Et même si elle ne comptait pas revenir, j'avais décidé de rester là malgré les nombreux voyages que l'on me proposait. Jour de chance, je venais de la retrouver. Finalement, elle était revenue, mais, à mon avis, par pour ce que j'espérais. Alors que je la voyais prendre son dernier carton pour l'emmener à l'intérieur du bâtiment, mon cœur s'accéléra. J'avais envie. Envie de la prendre contre moi. Envie de lui rappeler à quel point j'avais pu l'aimer dans le passé et à quel point, aujourd'hui encore, ces sentiments étaient valables. Mais elle voulait se débarrasser de moi, je n'étais pas non plus dupe. Elle retournait à ses petites affaires, préférant plutôt aménager son nouvel appartement plutôt que de perdre dix petites minutes à discuter avec l'homme qu'elle avait désigné comme étant celui de sa vie. Quelque part, j'étais déçu. Déçu de voir qu'elle était passée à autre chose : mais pouvais-je réellement lui en vouloir ? Non, je le méritais. Je l'avais blessée, par égoïsme. Je ne dis pas non plus qu'il aurait mieux valu que je reste avec elle par pitié ou par amour. Parce qu'un jour ou l'autre, ça aurait forcément éclaté aussi. Et la séparation aurait sans doute été encore plus douloureuse et bourrée de haine. Alors, finalement, est-ce que j'avais pris la bonne décision ou pas ? Je l'ignorais toujours. Lily-rose me faisait tellement de mal à presque m'ignorer que j'en doutais : me séparer d'elle avait été une évidence à l'époque. Une solution facile, aussi. Je ne voulais pas qu'elle se mette à me détester, ou que cela m'arrive à moi. Préserver une relation saine avec elle, voilà ce que je voulais. Mais, alors que son absence me tuait, elle quittait les lieux. Et moi qui voulais juste me séparer d'elle dans le domaine de l'amour, j'en étais complètement écarté. Est-ce que c'était vraiment moi qui la jetais ? J'aurais aimé rester ami avec elle. J'aurais sans doute cherché à aller plus loin, par la suite ; à faire d'elle ma petite amie, encore une fois, mais je n'en avais pas eu l'occasion.

Sensible ? Non, elle ne l'était pas tant que ça. Mais je n'avais pas imaginé, à l'époque, qu'elle puisse partir parce qu'elle se sentait vraiment mal. J'avais réussi à la rendre malade. Et pourtant, là, malgré le fait que j'avais conscience que sa vie avait été détruite en partie par moi, j'avais envie d'elle. Tellement fort. Pas nécessairement dans le domaine du sexe, même si pour moi l'amour ne peut être prouvé entièrement que par le biais de celui-ci, mais j'avais envie de la toucher. Poser ma main sur son épaule ne m'avait rien apporté. Cela avait été un automatisme. Il fallait que je recommence. Ce n'était pas un devoir, ni encore même une obligation, mais un besoin. Oui, un besoin. Cette femme était toute ma vie. Je fis donc quelques pas vers elle, avant de lui prendre le carton des mains. Si j'allais l'aider ? Oh diable non. Je n'allais pas m'incruster chez elle en prétextant vouloir lui apporter mon aide. Son appartement, je m'en contre-fichais. Ses occupations de même. Je voulais juste virer cet objet encombrant de ses bras pour pouvoir m'occuper d'elle. Qu'elle veuille de moi ou non, au fond, ça ne comptait même plus. J'étais dépendant de cette gamine. J'avais besoin d'un contact plus que superficiel. Plus qu'automatique. M'humectant les lèvres, je laissais ses affaires tomber : qu'elles se brisent si elles le voulaient, ça ne serait qu'une maigre représentation de nos deux vies réunies. Le bruit de la collision, entre le carton et le sol, résonna dans le petit hall alors que je saisissais la nuque de la plus jeune entre mes deux mains, tendrement, l'approchant de moi. Mes lèvres effleurèrent les siennes, tandis que je me penchais pour planter mon regard d'encre dans le sien : m'avait-elle oublié, ou faisait-elle semblant ? N'éprouvait-elle plus rien pour moi ? Pouvait-elle réellement se satisfaire de ça ? Après ce qu'elle avait enduré, c'était presque devenu une habitude pour elle que de se défaire des gens, oui, mais je ne comptais pas la laisser faire. Je ne voulais pas y croire. Alors j'essayais de comprendre, ne la quittant pas des yeux, mon corps se collant au sien « lily-rose » murmurais-je, la faisant doucement reculer jusqu'au mur jusqu'à la bloquer contre « ne me dis pas que je ne suis plus rien pour toi, je t'en prie » mon regard s'assombrit, mes mains venant à présent cueillir son doux visage. Si je faisais pitié ? Oui, il y avait de grandes chances. Mais je n'en avais même plus conscience. Mes lèvres n'hésitèrent pas à aller à la rencontre des siennes, venant y déposer de précieux baisers contre. Qu'elle me gifle, qu'elle me remette à ma place, qu'elle mette les points sur les i. J'en avais besoin. Mais bordel, ce que ça pouvait me faire du bien de la toucher à nouveau. J'avais balancé notre relation dans un placard que j'avais ensuite fermé à double tour. Mais les fantômes étaient bien là et, si elle pouvait m'aider, qu'elle le fasse. Je ne pouvais pas me contrôler, mon corps ne me répondait plus. J'étais réduit à l'état d'esclave. Je voulais tellement sentir à nouveau son parfum, la douceur de sa peau, de ses cheveux, de ses lèvres, de ses caresses. Avoir à nouveau toute son attention. Faire un bond de deux ans en arrière et prendre sur moi pour ne pas la rayer de ma vie, officiellement. Parce qu'officieusement elle était restée là, gravée dans mon cœur. Indispensable. De toute évidence, oui, elle m'était indispensable: elle m'était vitale, de toutes les sortes possibles. Et, même des souvenirs ou mon imagination pouvaient me faire avancer. Mais, par la même occasion, ils étaient aussi responsables de mon manque : ils me le rappelaient sans cesse, l'apaisaient un peu, puis me remettaient inévitablement dans une situation délicate. Me rappeler tous les bons moments avec lily-rose, m'en imaginer d'autres, ça n'allait qu'un temps : parce que les minutes d'après, son absence venait me poignarder. Je pouvais juste me raccrocher à toutes ces illusions pour m'offrir un peu d'elle, un peu de plaisir, un peu d'amour. Mais la réalité revenait au galop, me laissant jamais de repos : cercle vicieux. Alors, comment me retenir alors qu'elle était revenue ? Pas vers moi, certes, mais elle était quand même dans ma ville ; à nouveau. Elle était revenue aux sources, pénétrant une nouvelle fois dans ma vie, même si, clairement, elle n'en était jamais réellement partie. Alors comment, comment vouliez-vous que je garde mes mains dans mes poches, à bêtement la regarder et lui sourire ? Un an de couple avec cette femme était enregistré dans ma mémoire. C'était à la fois une torture et un plaisir. Malsain, oui, mais inévitable.
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MessageSujet: Re: studio n°19; rue jeongsei. ▬ with jae joon. { topic en pause }    Dim 6 Mar - 2:23

Et d’un coup, j’avais perdu le fil des évènements. Je ne savais plus comment nous en étions arrivés là. Qu’est-ce qui le poussait, l’animait au fond de lui, pour adopter de telles réactions envers moi alors qu’il avait lui-même décidé de rompre ? J’avais oublié la raison pour laquelle il m’avait jeté deux ans auparavant. J’avais également oublié ce que j’avais fait durant ce laps de temps pour l’oublier, et paradoxalement, le garder en moi comme un précieux souvenir, trop peureuse de ne plus être en mesure de me rappeler du visage de mon premier amant. J’étais totalement égarée, et il ne m’aidait pas. Pire encore, c’était lui et lui seul qui me tirait dans tous les sens, me faisant perdre la raison et la tête. Et je le détestais vraiment pour le coup, n’était-ce pas là de l’acharnement purement et simplement ? Quel était son but, quelle finalité à notre histoire qui avait avorté ? Quelque part au fond de moi j’étais réellement désolée. Désolée pour lui mais également pour moi, de n’avoir pas su tenir le coup, de n’avoir pas su être la bonne malgré toutes mes espérances. À l’époque je ne pouvais pas le forcer à me garder avec lui et me chérir comme on le fait avec la personne qu’on aime du fond du cœur. Je ne pouvais pas lui mettre un couteau sous la gorge, le menacer avec notre futur bébé qu’il ne connaitra jamais – moi non plus d’ailleurs. Je n’étais pas comme ça à l’époque et rien n’a changé, je comptais bien garder le silence et l’épargner de cette triste vérité que je portais seule depuis deux ans. De toute façon, il n’avait pas besoin de savoir et parfois le mensonge blesse moins que la vérité. D’autant plus que je ne lui mentais pas, je faisais juste en sorte d’oublier de lui dire. Je me cherchais des excuses, sachant qu’au fond de moi j’avais bel et bien envie de vider mon sac, de soulager mes épaules avec le second concerné. Je me sentais terriblement seule depuis tout ce temps, et si j’ai pu raconter mon secret à certaines personnes cela ne m’a pas soulagé. Il fallait que lui soit au courant, parce qu’il en était le père, parce qu’il en avait le droit quelque part et que, c’est de lui que j’avais besoin, uniquement. Malgré tout, mes lèvres étaient scellées. Actuellement je ne désirais qu’une seule et unique chose ; je voulais que jae joon mette les voiles et me laisse tranquille. Ainsi je pourrais me morfondre le reste de ma soirée et peut-être de ma semaine dans mon sinistre studio. Les caisses m’attendaient toujours à l’entrée et alors que j’allais m’éclipser bien gentiment, attrapant la dernière boite à mes pieds, il me délesta de son poids. Comptait-il m’aider ? J’entrouvris les lèvres pour le remercier, lui dire que c’était bon, que je n’avais pas besoin d’aide et qu’il pouvait retourner à ses occupations – sous-entendre qu’il pouvait me laisser tranquille, histoire que je me remette de mes émotions. Il ne me laissa pas le temps de dire un mot avant de jeter ma caisse plus loin sur le trottoir. Un bruit de verrerie cassée brisant mes oreilles et me paralysant. Bon sang, de quel droit ?! Il venait d’exploser mes souvenirs les plus chers, ceux de ma mère, de lui, de ma vie si pathétique. Une voix dans ma tête hurlait, quémandait que je le frappe pour lui rendre la monnaie de sa pièce, que je lui crache au visage mais mon corps ne réagissait plus. Au contraire, des larmes venaient noyer mes pupilles et s’agglomérer à la limite de mes paupières, toutes prêtes à rouler le long de mes joues.

En un temps record je me retrouvais dos au mur, il m’envahissait trop brutalement, bouffant le minimum d’espace vital qu’il me restait. Où se croyait-il ? Pensait-il qu’il avait tous les droit sur moi, tout ça parce que j’avais été sa petite amie pendant un an ? Avait-il simplement la mémoire courte ou trop de remords depuis tout ce temps ? « ne me dis pas que je ne suis plus rien pour toi, je t'en prie » … quoi ? Qu’est-ce que c’était que ce charabia maintenant ? En entendant ce genre de choses, j’avais l’impression qu’il me jetait la pierre, me désignant comme la seule et unique responsable à toutes nos emmerdes. Et finalement ses lèvres avaient trouvé refuge sur les miennes, comme dans le passé. Je grimaçais intérieurement, espérant pouvoir en faire de même à l’extérieur. Son attitude me dégoutait pire encore, me mettait hors de moi. Comment pouvait-il me traiter de la sorte, n’avait-il aucun cœur ou avait-il totalement pourri depuis mon départ ? Je me laissais faire l’espace d’un instant, mitigée entre le plaisir et le dégout total de sa personne et de la mienne. Ma tête me suppliait de réagir, d’user du peu d’orgueil et d’honneur qu’il m’avait laissé. Je n’étais pas ce genre de femme, non. Il n’aurait pas raison de moi, à me prendre et me jeter comme un vulgaire chiffon dont on se lasse. Non, je n’étais pas une poupée que l’on pouvait étreindre à sa guise, faire pleurer en appuyant sur un bouton et remettre au placard pour passer à autre chose. Mon cœur bien que raccommodé pitoyablement essayait de se déchirer, arrachant coutures maladroites et épingles. Je respirais plus fort, posant mes mains sur ses épaules pour le reculer de moi avec force, et puis ma main vola sur son visage dans un claquement sec et brutal, lui faisant pivoter la tête sur le côté. J’étais penchée en avant, essoufflée. Mon corps était sorti de sa torpeur, et mes larmes avaient trouvé la sortie, humidifiant mes joues. Toutefois pudique, j’essayais de les absorber avec ma veste, reniflant vulgairement. Je criai, prête à exploser ; « non mais tu te crois où bakh, tu crois que tu peux revenir dans ma vie comme ça après m’avoir jeté ?! » je lorgnai alors sur ma caisse, me jetant dessus pour l’ouvrir sans le moindre soin, qu’en restait-il de toute façon. Sous la vision de tous mes souvenirs brisés, statuettes, boîte, décorations, je m’effondrais. À l’époque où j’avais eu besoin de sous, je ne les avais pas vendu parce qu’ils comptaient bien trop pour moi, et les voilà maintenant brisés sous mon nez par sa faute. Je me laissai tomber à genoux, pleurant sur mon triste sort, sur le sien enlaçant ma caisse avec désarroi. J’étais pathétique et je m’en fichais, des passants posaient un regard suspicieux sur ma personne, pensant sans doute que j’étais une clocharde ou que mon mari me jetait hors de la maison. Je relevai la tête vers lui, les lèvres tremblantes et les dents serrées. « je te déteste tellement … si tu savais ! » oui, c’était sans doute sous le coup de la colère, mais je savais pertinemment qu’un jour j’allais regretter ces paroles.

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